dimanche 28 juillet 2013

L'Egypte à l'aube de la guerre civile

En disgrâce depuis leur échec en Syrie, les islamistes ont perdu le soutien des américano-sionistes qui ont décidé de s'en débarrasser. En Egypte, la guerre civile sera l'occasion d'éliminer toute une frange de la population.




Après les neufs morts de vendredi à Alexandrie, au moins 75 personnes ont péri samedi au Caire dans des heurts entre forces de l’ordre et partisans du président déchu, Mohamed Morsi.

Une femme pleure devant la porte d’une morgue improvisée. Elle redoute que son mari, dont elle n’a pas de nouvelles, ne soit "tombé en martyr". À l’intérieur de la pièce située à côté de la mosquée Rabia Al-Adawiya, 20 corps sont alignés dans des draps blancs tachés de sang. D’autres ont déjà été évacués. Pendant de longues heures, dans la nuit de vendredi à samedi, des affrontements ont opposé les forces de l’ordre à des partisans des Frères musulmans. Sarwat Marous, 30 ans, faisait partie des manifestants présents sur le pont du 6-Octobre, dans le nord-est du Caire. Il est désormais étendu sur un brancard, un bandage sur l’oeil droit et une perfusion dans le bras. "J’ai été touché par des tirs de grenaille à l’oeil, dans le cou et sur les bras, détaille-t-il. C’est la police qui nous a attaqués. J’étais près d’un camion de la police lorsque j’ai été touché."

Tous racontent ici la même histoire : les policiers ont d’abord utilisé des gaz lacrymogènes avant d’ouvrir le feu sur la foule. "La plupart des blessures étaient des blessures à balles réelles dans la tête", assure Moustapha Hassanein, un jeune médecin qui a vu défiler les victimes.

Les chancelleries occidentales ont appelé au calme

Samedi soir, le ministère de la Santé a indiqué que 65 personnes au moins ont été tuées et 269 blessées dans les affrontements du matin. Les autorités ont, en revanche, démenti l’usage d’autres armes que des gaz lacrymogènes. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Hani Abdellatif, a laissé entendre que les manifestants auraient été tués par des habitants.

Des sources médicales ont, elles, fait état de 75 victimes. Pour Sawfat Hegazi, célèbre prédicateur islamiste, le bilan s’élève à plus de 120 morts. Depuis la tribune de Rabaa, il dénonce un "nouveau massacre" perpétré par les forces de l’ordre. Le 8 juillet à l’aube, celles-ci avaient déjà tué 51 partisans des Frères musulmans qui campaient devant un bâtiment de la garde républicaine. L’armée avait démenti avoir mené l’assaut, affirmant avoir été attaquée par des manifestants. "Le général Abdel Fattah Al-Sissi, qui est responsable du coup d’État, a demandé aux Égyptiens la permission d’éliminer une partie du peuple, accuse cette fois-ci Sawfat Hegazi. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour lui donner cette autorisation."

Mohamed Hassan, un retraité, fait partie de ceux qui ont répondu à l’appel à manifester lancé par le chef des armées. Vendredi, il s’est fait photographier place Tahrir par sa petite-fille aux joues peintes aux couleurs du drapeau égyptien. Des hélicoptères Apache ont survolé les lieux, en rasant les immeubles alentour. À chaque passage, ce grand-père a applaudi avec la foule. "Le général Sissi a le pouvoir de mettre fin aux violences mais il voulait montrer au monde que c’était bien la volonté du peuple, a-t-il expliqué. L’armée doit attaquer les terroristes, nous ne pouvons pas devenir comme l’Afghanistan!"


«Sissi a demandé aux Égyptiens la permission d’éliminer une partie du peuple»

Pour Mohamed Hassan, il ne fait aucun doute que les Frères musulmans et leurs partisans - désormais régulièrement qualifiés de "terroristes" par les Égyptiens - sont responsables des violences qui secouent le pays. Attaques quasi quotidiennes contre les forces de l’ordre dans le Sinaï, heurts entre pro et anti-Morsi, agressions contre la communauté copte…

Depuis la destitution du président islamiste, la situation sécuritaire, déjà instable, s’est encore dégradée. Un état de fait devant lequel le général Sissi, nouvel homme fort du pays, ne pouvait rester les bras croisés. Le retour de la sécurité est l’une des principales attentes des millions d’Égyptiens qui sont descendus dans les rues le 30 juin pour réclamer le départ de Mohamed Morsi. Et qui n’hésiteront pas à y retourner si le nouveau pouvoir ne répond pas à leurs demandes.

Samedi soir en tout cas, la tension n’était pas retombée. Inquiètes, plusieurs chancelleries occidentales ont appelé au calme. Le ministère de l’Intérieur a, lui, confirmé son intention de disperser "prochainement" les sitin de Rabia Al-Adawiya, et de la place Al-Nahda, à Gizeh. Depuis le nord-est du Caire, Sawfat Hegazi annonce la couleur : "L’armée devra passer sur nos cadavres pour disperser nos rassemblements."

http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Egypte-le-spectre-de-la-guerre-civile-621240

3 commentaires:

Scarlett a dit…

Pour que l'on ne confonde pas l'obédience maçonnique des F.:. mulsumans avec les musulmans : «Les Frères Musulmans sont l'équivalent de la Franc Maçonnerie» (Thierry Meyssan)

Rorschach a dit…

Secret de l'allégence secrète au sein des Frères Musulmans.

http://www.youtube.com/watch?v=LHULxmcYd70

hotchiwawa a dit…

Et les castes indiennes.... :o

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