samedi 5 avril 2014

L'Afrique de l'Ouest se mobilise contre la fièvre Ebola


Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest étaient mobilisés vendredi contre une épidémie de fièvre hémorragique partiellement due au virus Ebola qui a fait 86 morts en Guinée, au lendemain de l'annonce de premiers cas suspects au Mali, après le Liberia et la Sierra Leone.

Les 86 décès en Guinée font partie d'un bilan global de 137 cas enregistrés depuis janvier, essentiellement dans des préfectures de la Guinée forestière (sud et sud-est), selon le dernier bilan des autorités guinéennes.



45 de ces cas ont été confirmés positifs à l'Ebola, virus hautement contagieux et souvent mortel contre lequel il n'existe ni vaccin, ni traitement. Jeudi soir, le gouvernement guinéen a cependant fait état de guérison de deux cas d'Ebola en isolement à Conakry.

En Guinée forestière, tous les cas suspects et ceux ayant été en contact avec eux sont sous surveillance, a indiqué vendredi à Genève le porte-parole de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Gregory Härtl. Mais "nous ne pouvons pas baisser la garde tant qu'il ne se sera pas passé 42 jours" sans notification de cas, ce qui signifierait la fin de l'épidémie, a-t-il expliqué.

Selon les spécialistes, l'isolement des malades confirmés et des cas suspects est l'unique moyen de casser la chaîne de transmission du virus. Une mise à l'écart souvent mal comprise dans certaines communautés où obligations sociales et rites traditionnels sont importants.


A Macenta (sud-est), des habitants s'opposant à la mise en isolement d'un des leurs s'en sont pris à un site de Médecins sans frontières (MSF), très active sur le terrain l'épidémie, selon des résidents sur place joints vendredi après-midi.


"Vendredi, il y a eu un incident au centre de traitement d'Ebola à Macenta dirigé par MSF. Les activités (y) sont actuellement suspendues", a déclaré à l'AFP le porte-parole de MSF en Guinée, Sam Taylor, interrogé sur le sujet.


L'incident a éclaté après que quelques habitants "sont devenus inquiets, puis agressifs" à l'encontre de l'ONG, "nous tentons actuellement d'en découvrir les raisons", a ajouté M. Taylor.

L'épidémie est jugée "sans précédent" par MSF et préoccupante par plusieurs spécialistes.

La flambée "n'est pas encore sous contrôle a priori" et "il y a une grande dispersion des patients", a estimé Sylvain Baize, chef du Centre national de référence (CNR) des fièvres hémorragiques virales de Lyon (France), qui a posé le diagnostic de l'Ebola en Guinée.

Surveillance sanitaire accrue

L'inquiétude régnait également vendredi à Bamako, après l'annonce jeudi de trois cas suspects - les premiers au Mali. Ils ont été placés en isolement et dont des prélèvements ont été envoyés aux Etats-Unis pour analyse, selon le gouvernement.

Vendredi matin, ils se portaient mieux, a assuré le ministre malien de la Santé, Ousmane Koné.

Selon les autorités, les trois cas suspects, des Maliens, travaillaient dans une zone à la frontière Mali-Guinée. Il ont été repérés séparément à leur arrivée, après avoir voyagé par la route. Le Mali a déconseillé "les déplacements non nécessaires vers les zones d'épidémie".

Plusieurs cas suspects, dont certains mortels, avaient déjà été signalés ces derniers jours au Liberia et en Sierra Leone, tous en lien avec une contamination venue de Guinée voisine. Les tests au virus Ebola ont été positifs pour deux cas au Liberia, négatifs pour la Sierra Leone.

Jeudi, le gouvernement libérien avait annoncé la découverte dans une zone forestière de la région de Nimba (est) d'un nouveau cas suspect non lié à la Guinée, contrairement aux précédents signalés essentiellement dans le comté de Lofa (nord).

Il s'agit d'un chasseur, qui est décédé. Des échantillons prélevés sur lui ont été envoyés en Guinée pour y être analysés. "En attendant les résultats, nous avons demandé à la population de ne pas toucher à la viande de brousse dans tout le pays", a dit Bernice Dahn, du ministère libérien de la Santé.

Officiellement, 14 cas de fièvre hémorragique, dont sept mortels, ont été signalés au Liberia.

C'est la première fois que l'Afrique de l'Ouest est confrontée à une flambée d'Ebola de cette ampleur, contrairement à l'Afrique centrale, qui a connu des épidémies meurtrières depuis la découverte de ce virus en 1976 en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre).

La RDC va envoyer en Guinée quatre de ses experts en surveillance épidémiologique pour l'assister dans la lutte, a annoncé le ministre congolais de la Santé, Félix Kabange Numbi, vendredi à Kinshasa.

Elle va aussi "relever le seuil de surveillance" au niveau des 98 points d'entrées du pays et du milieu hospitalier, et les contrôles viseront particulièrement les voyageurs en provenance d'Afrique de l'Ouest, a-t-il dit.

Plusieurs Etats, dont des voisins de la Guinée, ont déployé des équipes sanitaires à leurs frontières et mènent des campagnes de sensibilisation et de prévention.

http://www.courrierinternational.com/depeche/newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20140403.f3875a91.7a0c.487a.ba19.17d0291301df.xml

4 commentaires:

raffi henry a dit…

L'année dernière, quand une embarcation de centaine de migrants africains coulait au large des côtes européennes, le monde pleurait ces morts tragiques. Avec en prime, une pensée ou une réflexion sur l'absurdité de ce monde et ses souffrances inutiles.

Aujourd'hui, combien d'entre nous applaudiront ou se sentiront soulagés quand ils apprendront la mort par noyade de 300 êtres humains terrifiés par le fléau Ebola ?

La conscience mondiale se grignote petit bout par petit bout mais de tous les côtés. Prions pour les Africains, souvent, avec ferveur et sincérité et les salopards n'obtiendront ainsi jamais nos âmes. JAMAIS.

crash2012 a dit…

J'ai la trouille, encore un peu plus, aucune communication, je ne sais quel(le) ministre a annulé une visite en Afrique sous prétexte de tension ....tu parles c'est trop risqué.
J'ai pas envie de traîner dans un aéroport. On ne le maîtrise pas le virus, j'ai davantage peur que si c'était un big one. Personne ne bouge ???? Pourquoi ?

bandit1200 a dit…

Biensur qu'il faut "avoir peur" ...
Quel responsable oserait prendre ce problème a la légère??
POURTANT les vols entre ces capitales et le reste du monde (surtout l’Europe) continue!!!

A défaut de traitements il y a les précautions: MISE EN QUARANTAINE ... je ne vois rien dans ce sens.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ebolavirus

Extrait:
"Il n'existe aucun traitement curatif et l'évolution est fatale dans 50 à 90 % des cas."

"La période d’incubation varie de 2 à 21 jours (généralement de 5 à 12 jours). La progression de la maladie entraîne généralement la désagrégation des organes vitaux, en particulier les reins et le foie. Ceci provoque des hémorragies internes importantes. La mort survient, peu de temps après, par choc cardio-respiratoire."

"L’imposition de la quarantaine, l’interdiction d’aller dans les hôpitaux, la suspension de la pratique des soins aux malades et des funérailles ainsi que la mise à l’écart des malades"

Eric Darel a dit…

Du Napalm ! Voila solution ! Balançons du Napalm sur ces pays tout pouraves !!

Et venez pas dire des trucs du genre : "Oh c'est pas bien de dire des choses méchantes comme ça, blablabla..." Quand vous aurez choppé le virus et que vous chierez du sang, faudra pas venir vous plaindre !

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