mercredi 26 novembre 2014

Sabotage : Si la France ne livre pas les Mistral, elle perd un contrat de 20 Milliards de dollars avec l'Inde



Certains naïfs s'étonnent (sauf bien évidemment les lecteurs de DeDefensa, depuis longtemps avertis) de voir l'acharnement mis par les Américains, mais aussi par les Britanniques et d'autres Européens, à obliger la France à refuser de livrer à la Russie les BPC Mistral déjà commandés .

Il est évident que si la France cédait à ces pressions, elle se déconsidérerait totalement aux yeux des autres pays susceptibles de lui acheter des matériels militaires ou de conclure avec elle des accords intergouvernementaux pour des développements technologiques partagés. S'il s'avérait que la France cédait aux pressions de Washington dans le cas du Mistral, pourquoi ne le ferait-elle pas dans le cas de tels accords, s'ils contredisaient les ambitions d'exportation ou les intérêts politiques des Etats-Unis.
Or il ne s'agit pas d'une perspective théorique. Nous avons indiqué précédemment que l'Inde a décidé d'augmenter ses crédits en matière de défense, y compris en vue de contrats avec des pays susceptibles de lui permettre l'accès à des technologies avancées. D'ores et déjà, selon Bourse.com, citant The Times of India, l'Inde aurait entamé les négociations finales avec Dassault Aviation concernant le contrat d'acquisition de 126 « Rafale » , pour moderniser son armée de l'air. (Opération MMRCA pour medium multirole combat aircraft). En ces matières, rien n'est jamais acquis avant des signatures irrévocables. Mais, écrit le Times of India, l'Inde « poursuit avec sérénité les négociations finales pour l'acquisition de 126 chasseurs français Rafale, dans un projet de 20 milliards de dollars ».

Des sources obtenues au ministère de la défense par le quotidien laissent entendre qu'une nouvelle réunion est prévue cette semaine entre les autorités, Dassault Aviation et son partenaire Hindustan Aeronautics (HAL). Les négociations, complexes, auraient finalement atteint un point qui pourrait permettre de les finaliser sous trois mois, ajoute le journal, qui estime que plus de 50% du contrat final et des accords intergouvernementaux sont acquis. Après ça, le politique entrera en jeu, a indiqué la source au “Times of India”, avec le processus d'approbation de la commission gouvernementale pour la sécurité, puis la signature effective.

Le projet actuel prévoit que les forces indiennes reçoivent leurs 18 premiers avions de combat, produits en France, sous 36 à 48 mois. Les 108 autres seraient fabriqués sur les sept années suivantes en Inde par HAL, dans le cadre d'un transfert de technologie par Dassault. Le Times of India croit savoir malgré tout que les rivaux écartés du processus continuent à s'efforcer d'empêcher l'accord. Le Royaume-Uni et l'Allemagne auraient par exemple récemment tenté de rappeler l'Eurofighter Typhoon à l'attention du gouvernement indien, tandis que les Etats-Unis prépareraient le terrain pour relancer le F/A18 Super Hornet ou le F-16 Super Viper avant la visite officielle du premier ministre indien à Washington en septembre. Quand on sait les pressions formidables, et malheureusement jusqu'ici couronnées de succès, faites par les Etats-Unis sur les pays précédemment intéressés par le Rafale, lequel est et restera longtemps le meilleur avion de combat à ce jour, il n'est pas étonnant que les Américains fassent tout pour faire avorter le projet de contrat Rafale en Inde.

Enjeux d'un contrat Rafale entre l'Inde et la France

Concernant ce projet de contrat, il ne concerne pas que le seul Rafale en son état actuel. Comme l'écrit un de nos correspondants, les conséquences du refus de livrer le Mistral à la Russie seraient absolument dramatiques pour le contrat Rafale en Inde. Nicolas Sarkozy alors président, avait déjà sabordé le contrat brésilien lorsqu'il torpilla sous les pressions américaines l'accord obtenu sur le dossier iranien par la médiation du Brésil et de la Turquie.

Aujourd'hui, selon des sources non officielles, les Indiens repoussent la signature du contrat MMRCA jusqu'à la livraison des Mistral pour juger du degré d'autonomie de la France vis-à-vis de l'Amérique, et de sa fiabilité en tant que partenaire stratégique de premier plan dans les domaines technologiques et militaires sur les 30 prochaines années, comme le contrat en jette les bases.

Jean-Paul Baquiast

Lire la suite sur :
http://www.dedefensa.org/article-le_rafale_est_autant_vis_que_le_mistral_24_07_2014.html

10 commentaires:

Grandloup74 soixantequatorze a dit…

Tous les pitres de ce gouvernement devront être traduit en justice d' Etat pour haute trahison de l'Etat et du peuple français au profit d'une puissance étrangère nuisible à nos intérêts et à notre sécurité de vie !

leon alastray a dit…

Amies internautes; la France est bien la petite conne pour les américains ;mais comme on dit plus on est fier plus on se fait e... je crois que dépendre des autres n est pas une solution pour l avenir ;alors q il sorte de la communauté européenne et surtout q il soit moins con PS.....Celui qui veut comprendre toutes ses fautes doit chaque jour surmonté ses craintes.

Amaury Massalis a dit…

Ce serait comme une prise en fourchette !

Alex a dit…

Avec cet histoire d'embargo contre la Russie, on perd beaucoup; producteurs, transactions energies, échanges privés....... Nous ne sommes que des pantins agités par washington...

Ce boycott, c'est les US qui l'on souhaité et imposé, nous on ne fait que payer leurs diktat.
Réveillez vous, le mal, c'est la politique étrangère US, pas les Russes.
Les ricains ne veulent qu'une chose, la faillite et l'éclatement de l'UE, toutes pression qui nous coutent ou nous empeche de faire du profit est bonne à prendre.

Pour relativiser, l'Inde fait partie des BRICS, pas étonnant que la riposte s'installent au sein de leur organisation interne.

raffi henry a dit…

Ce qui me semble le plus étonnant, c'est qu'une puissance militaire comme la Russie fasse construire sa flotte chez ... ses ennemis.
Cette affaire fait de gros remous au sein de la population bretonne, essentiellement pro-livraison et pro industrie navale. Ces jolis bateaux sont-ils fait pour voguer sur des eaux calmes ou créer des tsunamis salvateurs dans les esprits franchouillards ?

Amaury Massalis a dit…

Face à la Russie les occidentaux sont-ils des petits joueurs ?
Sur échiquier politique le temps ne se compte pas en minutes et secondes mais en années et en mois. Quel était la vraie raison de cette commande de BPC ? Mettre en difficulté la France.

Car, imaginez que les deux joueurs soient de connivence (par les sommets et au-delà) pour tromper et manipuler non seulement les pions mais aussi les pièces maitresses (qui ne demandent pas mieux). Et là, l'affaire des BPC type mistral prend tout de suite du relief. On n'est pas encore "mat" mais au moins "échec au roi".

Alexandre Hakim a dit…

Vendre des armes de guerres à des pays étrangers, n'est-ce pas là, le fruit d'un cerveau malade ?

Que la France vende des airbus, des bâteaux de croisière, des hélicos civils ce sera mieux pour tout le monde.

Amaury Massalis a dit…

@Alexandre Hakim, c'est la logique du marché, de notre société de consommation, et des orientations stratégiques pour l'accaparement de ressources.
Et cette logique dit que si les US, les Anglais, Israël, les Russes, etc vendent des armes pourquoi pas les Français ?
C'est le monde entier qu'il faut changer, pas seulement le commerce extérieur de la France.

Alexandre Hakim a dit…

"C'est le monde entier qu'il faut changer, pas seulement le commerce extérieur de la France."

"Si tu veux voir le monde changer, commence par toi-même".
C'est ça la sagesse, si chacun attend que l'autre fasse le premier pas, alors rien ne changera..

Ray Ogoraeck a dit…

Pauvre France !

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Commentaires fermés

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